Essais Voitures électriques

eRod by Kyburz : un engin électrique complètement atypique

Essai eRod by Kyburz
Rédigé par Raphaelle - Miss-kW

Cet article a été publié initialement sur Miss280ch.com en 2019 avant d’être dupliqué ici

On connaît surtout la Suisse pour son chocolat, ses fromages ou ses banques (vive les clichés), mais aujourd’hui c’est une voiture de loisirs suisse que je vous propose de découvrir. Kyburz n’est probablement pas une marque qui vous est familière, puisque leur coeur de métier c’est la fabrication de tricycles électriques pour les entreprises de livraison, les entreprises industrielles, les communes et les particuliers, pourtant le véhicule testé n’a rien à voir avec tout ça.

Il y a cependant un point commun avec le reste des activités de la société, puisque l’engin dont je vous propose la lecture de l’essai aujourd’hui est électrique. Pour le reste, je doute que les autres produits développés par Kyburz soient aussi fun que cet eRod, mais quelques concepts présentés à Genève cette année sont prometteurs. Car oui, même si cet engin ne développe pas une puissance stratosphérique, il procure des sensations assez étonnantes.

eRod by Kyburz

Quelques données techniques

Sous son look d’Ariel Atom avec son châssis tubulaire apparent, ce eRod by Kyburz développe 45 kW soit 61 ch pour un couple de 140 Nm, oui c’est peu, mais rapporté à un poids contenu de 600 kg, cela fait le job. Clairement la proposition Kyburz n’est ni d’avoir une grosse autonomie, ni une voiture très puissante, mais un petit véhicule léger, fun et surtout rivé à route.

eRod by Kyburz

L’eRod n’embarque qu’une batterie de 19.2 kWh, autant vous dire que l’autonomie homologuée de 183 km me semble un peu optimiste, et certainement calculée en n’utilisant que le mode eco. Ce véhicule est vraiment destiné à de courtes promenades.

L’avantage de cet engin, c’est que je ne vais pas mettre longtemps à vous parler des aides à la conduite, il n’y en a pas. D’ailleurs même l’ABS et l’ESP sont absents. Et si vous êtes habitués aux directions super assistées des véhicules modernes, vous risquez de transpirer un peu lors des premières manoeuvres avec l’eRod, pour ma part c’est surtout le freinage qui a été corsé à appréhender.

eRod by Kyburz

Bref si on lit la fiche technique de l’eRod sans connaître le produit, on pourrait partir avec un a priori négatif à son sujet, mais rien ne vaut l’essai pour s’en faire une idée plus concrète.

eRod by Kyburz

Des sensations même à basses vitesses

Il faut dire que c’est le propre de ce type d’engin, assis à quelques centimètres du sol, sans vraiment de pare-brise pour se protéger du vent, on découvre ou re-découvre des sensations de conduite que l’on ne connaît plus dans nos voitures du quotidien tellement aseptisées. Ici l’environnement de conduite est dépouillé, et cela faisait fort longtemps que je n’avais plus mis une clé dans une serrure pour démarrer une auto, mais ce n’est là que le début de la découverte d’un univers auto qui se rapproche certainement plus de la conduite d’une ancienne que d’autre chose.

eRod by Kyburz

Votre premier challenge avec l’eRod, grimper dans l’auto, régler son siège et adapter le harnais en conséquence. Enfin avant de vous harnacher, vérifiez que vous avez pensé à régler vos rétroviseurs extérieurs, car une fois le harnais bien serré, vous n’aurez qu’une liberté de mouvement restreinte, que les pistards connaissent bien s’ils ont des vrais baquets, et avec cette voiture tout est manuel.

On ne risque pas d’être perdu avec des commandes tous azimuts dans cet engin, ici on aura un commutateur qui sert à activer marche avant / neutre et marche arrière, un autre pour les phares, et un bouton d’arrêt d’urgence. On a également le commodo de clignotant en alu, idéal pour se muscler les doigts de la main gauche, car il oppose une certaine résistance à être activé. Seule touche de modernité (enfin il faut le dire vite), le minitel qui sert de compteur digital vous permettra de vérifier votre vitesse, l’autonomie restante, mais aussi de basculer entre le mode éco et sport. On ne peut pas faire plus simple.

eRod by Kyburz

On active donc la marche avant et c’est parti pour les premiers tours de roue, et les premières sollicitations des bras pour tourner ce petit volant. L’après-midi s’annonce physique … En dehors du manque d’assistance, qui déroute un peu quand on n’est plus habitué à cela, le reste est basique. En mode éco, on a un freinage régénératif dès qu’on lève le pied de l’accélérateur, par contre en mode sport il y a plus une sensation de roue libre. Autre différence majeure entre eco et sport, c’est la puissance distribuée aux roues, il faut donc prendre le coup de main pour basculer entre les deux modes en fonction des envies et de la typologie de la route (et de l’envie de s’amuser ou d’être plus raisonnable).

eRod by Kyburz

Ainsi quand un village traversé aligne les ralentisseurs ou les ronds-points on va circuler en mode Eco, mais si d’aventure on se trouvait arrêté à un feu rouge en première position dans une zone plus dégagée, on basculerait vers le mode sport. Inutile de crier « chauffarde » trop vite… un 0 à 50 km/h en Kyburz eRod est bien assez physique, inutile de viser beaucoup plus haut.

En fait la Kyburz eRod est très adaptée aux limitations de vitesse des villes et routes secondaires, dépasser les 90 km/h n’est pas forcément le plus agréable, alors atteindre la Vmax de 120 km/h je n’imagine même pas. Non, dès des vitesses très basses on ressent des sensations, notamment celle du vent qui vous fouette le visage. D’ailleurs le compteur de vitesse devient vite superflu, tant il est facile de savoir à quelle vitesse on roule.

eRod by Kyburz

Rivée sur la route grâce à son centre de gravité très bas, elle pourra même se montrer un poil joueuse de l’arrière en mode sport si vous attaquez un peu dans les courbes. En ville, on se sent vite petit face aux pachydermes SUV qui ont envahi l’espace urbain, mais c’est surtout dès que l’on sort des espaces bétonnés que l’on prendra plaisir à rouler avec cet engin.

eRod by Kyburz

Une offre commerciale atypique

L’Agence Automobilière est devenue distributeur officiel de la Erod by Kyburz en France, c’est grâce à eux que j’ai eu l’occasion de tester cet engin en Alsace.

eRod by Kyburz

Pour profiter pleinement du roadster eRod chez soi, deux solutions : l’acheter clé en main à 37 993 € avec une garantie de 2 ans (et les formalités de dédouanement incluses), ou réduire un peu la facture en décidant d’aller la monter vous-même pendant 1 semaine à Zurich.

Une formule originale pour ceux qui veulent se tenter à l’exercice de monter de A à Z son véhicule. L’équipe Kyburz met tout en place pour vous accueillir et vous assister lors du montage au sein de l’usine, de manière à s’assurer que votre eRod sort de l’assemblage en conformité.

eRod by Kyburz

En bref

L’eRod by Kyburz est un petit roadster rustique mais attachant. Si côté design on pourrait lui préférer une Devinvi (que j’avais découvert au salon de Genève), côté performance et budget c’est quand même la proposition de Kyburz qui l’emporte dans ce match.

Devinci Classic DB-718 - salon de Genève 2019

Cet engin propose des sensations sans émissions polluantes, son usage est plutôt réservé à de petits trajets comme pourrait l’être une e-mehari, celle-ci est quand même bien plus génératrice de sensations. Un produit qui a quelques défauts, mais aussi une grosse qualité, celle de rouler dans un véhicule différent qui surprend tous ceux qui croisent sa route.

Au salon de Genève 2019, la marque a dévoilé un concept eRod Race et un autre Offroad, de quoi répondre à d’autres besoins de véhicules de loisirs.

A propos de l'auteur

Raphaelle - Miss-kW

Miss-KW et Miss280ch sont la même personne, ce n'est parce qu'on aime les belles motorisations que l'on ne peut pas apprécier les modèles électrifiés sans avoir un regard objectif sur la question. Miss-kW est donc l'évolution naturelle de Miss280ch.

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